[traoheur], le chagrin

 

Trauer… Trauer… Euh… Trauen? Avoir confiance? La nuit de la confiance?!?

 

Quelqu’un est mort. Et réunit les vivants. Qui pleurent, pour leur propre Salut.
Ça parle de l’échéance mortelle, ça chante allemand, ça marche lentement.
Ils sont ensemble mais ne peuvent partager, n’ont rien à échanger. Les peurs de chacun empêchent. Alourdissent les gestes vains, le repas écourté. Mais libèrent les chants…confessés, murmurés, déployés.
Ils n’ont pas confiance, non.

 

C’est pur, sévère, captivant et oppressant comme une scène d’intérieur d’un pinceau flamand. Les peaux sont blanches, les robes sont noires, la lumière est crue, les yeux sont baissés, les lignes sont droites et se répondent géométriquement.

Un moment de vie que j’écoute et observe avec douceur et recul. Un de ceux où le flot des pensées submerge et paralyse, où on se meut sans interaction, comme une ombre, au ralenti.

 

Ah! Trauer! Le chagrin…

 

La nuit du deuil, c’est une cantate de Bach.

 

Illustration: >Vilhelm Hammershøi, Intérieur avec jeune femme vue de dos, XIXes, Randers Kunstmuseum.